Swordfish II
Réalisé par Zenkuro


 

             Je suis un très grand fan de Cowboy Bebop et à vrai dire je considère cette série comme la meilleure de ces 10 dernières années. C'est donc avec un grand plaisir que j'ai monté cette maquette qui est également la première que j'ai peinte à l'aéro. De nombreuses techniques furent utilisées pour apporter à ce modèle un aspect vieilli fidèle à la série. De nombreuses erreurs parsemèrent également sa réalisation mais au final j'en suis assez content. Je vais donc vous présenter mon modèle et sa réalisation sous toute les coutures. Par contre, je suis désolé, je n'ai pas de photo du montage lui même.

 

1. L'équipement de montage

I. L'assemblage du modèle : collage et rebouchage

             Pour donner un rendu le plus réaliste possible, j'ai fait le choix de coller les pièces, bien que ce modèle soit à cliquer, et de reboucher les interstices restant entre les pièces. Vous pouvez voir ci-contre le matériel utilisé pour l'assemblage : photo 1 le Tamiya Finishing Abrasives (papier abrasif) fin de 400, 600 et 1000 pour poncer les surplus de putty (ciment), l'exacto pour découper les pièces et la colle pour maquette en plastique équipée d'une aiguille pour un collage précis. Sur la photo 2 vous trouvez les deux marques de putty que j'utilise : le Model Filler d'Humbrol qui est épais et pratique pour les gros trous, c'est celui que j'ai utilisé pour le Swordfish, mais je vous conseille plutôt le Tamiya Putty pour la plupart des travaux de rebouchage.

2. Le putty
3. L'aile : aucun interstice visible

             Pour le montage, j'ai ici suivi l'ordre de la notice étape par étape, en collant et peignant au fur et a mesure, car beaucoup de pièces s'entremèlent sur ce modèle, empèchant de monter les différentes parties indépendamment et de peindre en bloc. Je colle les pièces en prenant garde de ne pas fixer les parties articulées, puis je passe du putty sur les interstices. Lorsque c'est sec, je ponse avec le papier abrasif en allant du plus gros grainage (200 ou 400) pour finir avec le 1000 afin d'obtenir un résultat parfaitement lisse. Le but est de donner l'illusion qu'une partie composée de plusieurs pièces n'est qu'un seul bloc, comme sur le gros plan de l'aile ci-contre. L'aile que vous voyez sur la photo 3 est en fait composée de 7 pièces ! Cliquez dessus pour l'agrandir.

 

4. Schéma de montage du moteur : les vilains tubes
5. Vue arrière : plus de tubes
6. Moteur : toujours pas de tubes :)

II. Reconstruction de pièces

             Les pales du moteur : Il est parfois nécessaire de retravailler certaines pièces qui ne sont pas très jolies. Le Sword Fish II en est un très bon exemple. En effet les pales du moteur sont jointes par deux gros tubes disgracieux (que Bandai ne fait pas apparaître sur les photos de la boite, honte sur eux !). Voyez sur le schéma tiré de la notice (photo 4). Les deux tubes entourrés en rouge sont présents sur les 3 autres pièces qui composent le cercle entourant le moteur. Et c'est vraiment moche. Seule solution : l'ablation. J'ai d'abord collé les pièces comme indiqué sur le schéma puis, armé d'un cutter et de beaucoup de patience, j'ai enlevé les tubes copeau par copeau (attention les doigts !). Il me restait ensuite des creux dans la pièce que j'ai rebouché avec du model filler Humbrol puis j'ai poncé au papier abrasif pour obtenir une courbe parfaite. Vous pouvez voir le résultat sur la vue arrière du modèle et le gros plan du moteur ci-contre : pas de tube, les pales sont nickel :) Cliquez dessus pour vous en convaincre.

7. La victime
8. Le psychopate
10. De face : le canon est légèrement tordu mais sans trou

             Le canon : Parmis les petites misères que j'ai connu pendant le montage, l'une des plus belles fut la fois où mon crétin de chat (photo 8) à eu la bonne idée de vouloir faire la peau au canon du Sword Fish II alors qu'il séchait gentiment en haut d'une étagère. Résultat : photo 7. ARRGHHH !!!! Seule solution : opération. Par chance aucun morceau de manquait, la pièce était "seulement" percée et légèrement tordue. J'ai donc à nouveau utilisé du model filler Humbrol (qui est le meilleur pour ce genre de travaux) pour créer une sorte de gros "platre" là où le canon était abimé. J'ai ensuite poncé au papier abrasif pour redonner au canon sa forme initiale. Au final il n'y paraît presque plus rien, seule la légère courbe que forme l'extrémité du canon rappelle son douloureux passé, visible lorsqu'on regarde le Sword Fish II de face (photo 9).

 

III. La peinture : vers un effet vieilli et abimé

             Ceux qui connaissent la série savent que le Sword Fish II est un vieux coucou assez amoché. J'ai donc voulu donner un aspect vieilli et écaillé à la peinture de ce modèle pour coller à l'esprit de la série. Pour celà j'ai utilisé plusieurs techniques. Voici les différentes étapes que j'ai suivi pour la peinture, sachant que j'ai essentiellement peint à l'aéro.

11. Choisissez une bonne sous couche pour aéro

             1. La sous-couche : La couche de peinture d'un aérographe est très fine comparée à celle que l'on obtient au pinceau. Une sous couche est donc nécessaire pour que les couleurs ressortent bien, surtout sur un modèle dont les pièces sont moulées en couleur. De plus grace à la sous couche, la peinture accrochera mieux. La qualité de la sous couche est essentielle. Les bombes de sous couche comme les Warhammer sont idéale pour le pinceau mais à proscrire à l'aéro car ont un rendu granulé qui ressortira du fait de la finesse de la couche de peinture d'un aérographe. J'utilise donc la sous couche Tamiya Fine Surface Primer (L) blanche (photo 11). Pour pschitter mes pièces, je les fixe au bout d'une baguette chinoise jettable à l'aide de patafixe, ce qui permet de la tourner dans tout les sens sans s'en mettre plein les doigts, ou bien j'utilise des pinces à dessin. Tout dépend de la pièce en question. Je fais de même lorsque je passe la couleur. Et je prends garde de ne pas bloquer les articulations en vaporisant de la peinture dessus.

12. Mon aéro : le Colani
13. Diluant et peinture Tamiya
14. Papier adhésif Tamiya pour masque

             2. La peinture de base : J'ai peint ce modèle à l'aérographe. A titre purement indicatif j'utilise le Colani de Harder & Steenbeck (photo 12), un aéro très performant pour le modélisme, simple d'utilisation, facile à nettoyer mais un peu cher (210 euros). Beaucoup d'autres modèles de qualités existent, c'est en fonction de vos préférences. Le mien est équipé d'une buse de 0.4 mm ce qui permet d'utiliser les peintures acrylique Tamiya (photo 13) sans avoir à les diluer. Les Tamiyas sont en effet idéale pour l'aéro et proposent une large gamme de peintures brillantes, mattes, métaliques et même translucides. Avant de passer la peinture, je masque les parties à protéger avec du Tamiya Masking Tape (qui existe en différentes largeurs, photo 14), un papier adhésif spécialement conçu pour ça, et du papier pour les grandes zones. Et je vaporise la peinture en faisant attaention là aussi aux articulations pour ne pas les bloquer. Si jamais vous faites une bavure, vous pouvez facilement nettoyer, voire tout effacer, à l'aide du diluant pour peinture acrylique Tamiya, le X-20A. N'oubliez surtout pas de nettoyer votre aérographe à fond avec du diluant à chaque fois que vous changer de couleur ou que vous avez fini de vous en servir, afin d'éviter de polluer la nouvelle couleur et d'encrasser l'aéro. Un aéro mal entretenu, c'est une mort certaine à l'arrivée, et les pièces de rechange ne sont pas toujours faciles à trouver. A ce stade là, vous avez des pièces aux applats parfait. Il est temps de donner un aspect sale à tout ça.

15. Technique d'encrassement : la couleur n'est pas égale sur tout le modèle

             3. L'encrassage des pièces : A l'aéro la peinture ressort toujours parfaite (à moins d'une boulette de votre part), or ce qu'on cherche ici c'est un effet sale. j'ai donc cherché à ce que la peinture ne soit pas uniforme mais plutôt qu'elle soit irrégulière, avec des zones plus ou moins foncées comme s'il y avait de la crasse sur la carosserie. Pour cela j'utilise un mélange d'encre de chine et de diluant. Je n'ai pas vraiment de dosage à vous conseiller, tout dépend de la situation et moi même j'y suis allé en tatonant jusqu'à trouver le bon, du coup je ne connait pas les proportions idéales. De toute façon le mieux est de faire des tests préliminaires. Une fois le mélange prêt, je dépose une goutte de ce mélange sur la pièce à salir et je frotte TRES DELICATEMENT avec un chiffon doux ou un coton tige pour les petites zones. Sous l'effet du diluant, la peinture va se ramolir et se mélanger à l'encre de chine pour obtenir l'effet désiré. Mais ATTENTION, si vous frottez trop fort ou si le mélange contient trop de diluant, vous allez ruiner toute la peinture. Et ça m'est arrivé de nombreuses fois ! Il faut alors enlever toute la peinture au diluant pour que ne reste plus que la sous couche et tout reprendre du début. ARGH ! Mais au moins rien n'est perdu comme le prouve mon Sword Fish II qui , aprés de nombreux ratés, est parfaitement réussi. Ouf ! Vous pouvez voir sur la photo 15 le résultat : on voit assez bien que la couleur n'est pas égale partout.

16. Peinture enamel et diluant Humbrol
17. Des lignes impeccables

             4. Les lignes noires à l'enamel : Plusieurs techniques existent pour réaliser les lignes noires qui parsèment la plupart des model kits, notamment au feutre. Ici j'ai plutôt utilisé une technique simple mais particulièrement efficace qui garantie un rendu nickel : la peinture enamel. Pour cela j'utilise la peinture Humbrol (noir ou gris foncé, au choix selon l'effet voulu) et son diluant spécifique, l'Enamel Thinners de Humbrol (photo 16). Je dilue un peu de peinture pour obtenir un mélange homogène et bien liquide, puis je dépose une goute sur les lignes à colorer. Avec du bol le mélange va s'infiltrer tout seul dans les lignes par capilarité, si ce n'est pas le cas, n'hésitez pas à peindre grossièrement les lignes au pinceau (sans pour autant les noyer ! et nettoyez bien votre pinceau aprés utilisation avec le diluant car l'enamel est une vrai cochonnerie). Tout le secret réside dans le fait que les peintures acrylique et enamel sont chimiquement très différentes, si bien que le diluant d'enamel n'attaque pas l'acrylique. Il ne vous reste donc plus qu'à nettoyer tout le surplus d'enamel qui déborde des lignes avec un chiffon ou un coton tigeimbibé de diluant pour enamel, et le tour est joué ! Vous pouvez constater que sur la photo 17, les lignes sont parfaites, aucune ne bave. J'ai opté pour des lignes assez claires pour rester réaliste.

18. En position d'arrêt, on peut voir les trains d'atterrissage peints au pinceau
19. Le poste de pilotage avec Spike aux commandes
20. Peinture Warhammer
21. Pinceaux fins
22. L'effet écaillé réalisé au Dry Brush

             5. Les détails au pinceau : Une fois tout cela réalisé, on peut passer à l'ajout des détails au pinceau lorsque c'est nécessaire. De la même manière on va peindre les pièces trop petites pour être réalisées à l'aéro comme les trains d'atterrissage (photo 18) ou le poste de pilotage (photo 19). Pour cela j'utilise de la peinture Warhammer (photo 20), qui est la meilleur peinture acrylique pour le pinceau et je m'arme de plusieurs pinceaux fins (photo 21) : du 2, du 2/0, du 3/0 et le plus fin du 5/0, ainsi que d'un pinceau biseauté de 4, très pratique pour les recoins. Nettoyez bien vos pinceaux à l'eau et au savon aprés utilisation car cette peinture accroche pas mal.

             6. L'effet écaillée avec le Dry Brush : Pour accentuer encore l'aspect vieilli du Sword Fish II, j'ai voulu écailler la peinture. Pour cela j'ai utilisé la technique du Dry Brush, un effet facile à réaliser et plutôt sympa. J'utilise le même matériel que pour les détails, donc de la peinture Warhammer (ici de l'argent) et mon pinceau en biseau qui est le plus efficace ici. Le Dry Brush consiste à tremper son pinceau dans la peinture (normal...) et à essuyer le surplus avec un chiffon, ce qui permet de ne déposer qu'une faible quantité de peinture. J'ai appliqué cela sur les arêtes du Sword Fish II avec le plat du pinceau biseauté dont la forme me permet en outre d'aller dans les recoins. On voit bien le résultat sur la photo 22 ou encore sur la photo 3.

23. L'effet traces de fumée

             7. L'effet trace de fumée : Dernière petite touche, j'ai souhaité donner l'illusion que le Sword Fish II était passé à travers un nuage de fumée. Rien de plus facile à l'aérographe puisque Tamiya a sorti une couleur spécialement à cette effet, le Smoke (ref. X-19) qui est un gris translucide. J'ai donc vaporisé cette peinture sur mon modèle, mais uniquement sur la face avant des différentes parties du Sword Fish II. On voit particulièrement bien le rendu sur le gros plan de la photo 23 à l'intersection de l'aile et du cockpit. Cette peinture peut également être utilisé pour rajouter des points de crasse deci delà. Et voilà ! On a un superbe Sword Fish II bien abimé qui accuse un vécu mouvementé :)

 

24. Un petit décor sympa pour le Sword Fish II

IV. Un petit décor, c'est toujours sympa

             Pour finir, j'ai eu envie d'incorporer mon Sword Fish II dans un décor qui soit caractéristique de Cowboy Bebop. Pas vraiment un diorama mais plutôt un petit espace de présentation :) J'ai donc tout simplement récupéré une image sympa de la série (ici une vue de l'espace avec les fameux anneaux d'entrée dans l'atmosphère) que j'ai imprimée puis collée sur deux rectangles de carton soutenus à l'arrière par un pied. Et voilà le travail : photo 24   ^_^ Il est pas bo ?

 

Pour plus d'infos sur le modèle lui même, retrouvez le test complet du Sword Fish II


 

Modèle et article réalisés par Zenkuro