Les techniques de peinture

INTRODUCTION

Comme vous vous en doutez, la peinture est une étape importante dans la construction de vos modèles. Elle n'est certes pas obligatoire, mais améliore grandement l'aspect visuel de ceux-ci, et fera que votre modèle attirera l'œil plus qu'un autre non peint. Votre maquette ou figurine, qu'elle soit en plastique, PVC, résine ou autre, gagnera en " réalisme " et se démarquera des autres.
Bien entendu, il ne suffit pas de peindre son modèle pour qu'il devienne immanquablement une pièce de musée. Une peinture bâclée desservira plus votre travail qu'elle ne l'améliorera. Aussi, il est bon de connaître quelques principes que nous nous proposons de vous présenter ici.
Comme il n'existe pas de méthode universelle pour peindre, nous vous présenterons les différentes techniques que nous employons et qui fonctionnent pour nous, libre à vous ensuite de les tester, de les adapter à vos besoins, ou de ne pas les utiliser.


1 GENERALITE

1.1 Les différents usages de la peinture sur vos modèles

Il est bon de revenir quelques temps en arrière, lorsque les pièces des maquettes étaient invariablement moulées d'une seule couleur. Il était indispensable de savoir peindre son modèle, si l'on voulait qu'il se rapproche de la réalité. De plus, il était souvent nécessaire de faire des ajustements, de coller les pièces, de poncer les joints de colle, d'appliquer du mastic, bref inutile de vous dire qu'un modèle non peint, c'était ultra-moche.
Plus tard, les fabricants ont commencé à mieux étudier leurs schémas d'assemblage, et à mouler leurs pièces en différentes couleurs, certainement conscients du fait que la colle et la peinture étaient une plaie pour certains et qu'elle ne les encourageaient pas à s'engager dans un hobby qui finirait par revenir cher (eh oui, la colle, le mastic et la peinture sont loin d'être donnés) et qui nécessitait un certain " talent " pour obtenir un modèle pas trop pourri. En d'autres termes, ils ont ouvert le marché à une catégorie de personnes n'ayant pas forcément le temps, la patience, la dextérité ou que sais-je, pour faire des modèles et les exposer sur leurs étagères.
Ceci dit, même si les maquettes ont un nettement meilleur aspect qu'il y a dix ou quinze ans, elles ont toujours une texture " plastique ", qui fait penser à un jouet. C'est dans cette perspective que des irréductibles continuent encore et toujours de repousser l'envahisseur… mais je m'égare, c'est donc dans cette perspective que certains continuent de peindre.
Dans quels cas peint-on, donc ? On distinguera trois phases principales de peinture, qui peuvent être ou ne pas être faites, et bien entendu qu'il est possible de combiner entre elles, qui sont la peinture de base, le détaillage, et le weathering ou vieillissement.

1.1.1 La peinture de base
La peinture de base est comme son nom l'indique la peinture que l'on fait en premier. Il peut s'agir suivant le modèle d'une peinture uniforme, ou d'un camouflage, d'une décoration ou d'une livrée flashy… C'est également elle qui va déterminer l'aspect final de votre maquette. Une peinture de base ratée, et c'est tout le modèle qui sera hideux, de près ou de loin, qu'il soit monté avec soin ou pas, car bien évidemment c'est la première chose qu'on regarde sur un modèle, l'aspect extérieur. Notons qu'il est possible de faire une belle peinture bien uniforme, ou bien de donner du relief au modèle en appliquant des techniques d'ombrage lors de cette phase.

1.1.2 Le détaillage
Le détaillage est une autre phase de la peinture qui peut nettement améliorer l'aspect du modèle. En règle générale elle s'adresse au spectateur qui cherche à regarder votre modèle de plus près, mais pas nécessairement. Il peut s'agir d'un cockpit d'avion dont on peindra tous les détails, auquel cas un regard éloigné ne le remarquera pas, ou bien la représentation des différentes tuyères sur un mecha à grande échelle, ce qui fait qu'on le remarquera de loin.


1.1.3 Le weathering
Phase finale de la peinture, c'est le weathering qui donnera son " cachet " à votre modèle. Sans cela, votre modèle semblera sortir de l'usine ou d'un dessin animé. Ce n'est pas un défaut en soi, c'est juste fonction des goûts de chacun. Le weathering sert à représenter tous les petits détails qui montrent que votre modèle a " vécu ", et peut être léger ou lourd, comme vous le voulez. On cherchera à représenter les diverses traces d'huile, de brûlure en sortie de réacteur, les traces d'intempéries, les marques de chocs, etc.

Ici, nous nous intéresserons surtout à la peinture de base, le détaillage et le weathering seront abordés dans un autre article.


1.2 La peinture, comment ça marche ?

Toute peinture a trois composants : Les pigments, généralement à base de résine, qui donnent la couleur et la texture, le diluant, et l'agent " liant ", qui permet à la peinture de garder sa consistance.
Lorsqu'on dit qu'une peinture est sèche au toucher, par rapport au séchage complet, il faut distinguer deux temps. Le premier temps, lorsqu'on dit que la peinture est sèche au toucher, est lorsque le diluant s'est évaporé. On a l'impression que la peinture est sèche, mais il n'en est rien. Après évaporation du diluant, il se produit une réaction chimique au contact de l'air entre l'agent liant et les pigments, ce qui fait que la peinture va se fixer sur le support. C'est à l'issue de cette réaction chimique qu'on estimera que le séchage est complet.


2. LES DIFFERENTS TYPES DE PEINTURES

2.1 L'acrylique

La peinture acrylique, souvent appelée à tort " peinture à l'eau ", est une peinture très pratique pour le maquettisme. Elle sèche rapidement (entre vingt minutes et une heure pour la plupart des marques), et est peu toxique. Il est possible de la diluer à l'aide de divers produits, tels que l'eau, l'alcool à brûler ou à 90° ou le diluant acrylique, par ordre inverse d'efficacité.
Ses pigments sont relativement fins, et suivant les marques on obtient une peinture " élastique " ou rigide.
L'avantage du séchage rapide est aussi un inconvénient : comme elle sèche rapidement, il sera difficile de faire des effets de fondu avec, et en cas d'erreur on peut saccager un travail de peinture. L'autre inconvénient majeur de l'acrylique est que c'est une peinture fragile, donc gare aux chocs…
Les marques de peinture acrylique les plus utilisées sont Citadel, Prince August, Tamiya, et Gunze-Sangyô.

2.1.1 Citadel
La peinture de la célèbre marque Games Workshop, spécialiste des figurines en plomb de SF et Heroic Fantasy (Warhammer etc…) est initialement prévue… pour les figurines en plomb et est de ce fait la peinture idéale pour les débutants qui n'ont jamais touché de pinceau de leur vie. Le catalogue des nuances est très fourni comprenant entre autre une dizaine de teintes métallisées ainsi que des encres pour effectuer le weathering. Uniquement disponible en finition mate et assez pâteuse, elle possède un très bon pouvoir couvrant et s'applique facilement avec un pinceau du type brosse plate. Elle se dilue tout simplement à l'eau. Moins fine que la Tamiya, elle permet toutefois d'obtenir rapidement des résultats satisfaisants. A déconseiller à l'aéro de par sa consistance, mais en la diluant beaucoup cela reste possible.

2.1.2 Prince August
Cette marque sera également connue de la part des wargamers ou des personnes qui réalisent des figurines. Cette marque possède un nuancier très fourni, comprenant entre autre des séries de teintes spécialement réalisées pour peindre les camouflages des avions allemands et américains de la seconde guerre mondiale. Elle se présente dans de petits flacons qui ont tendance à se boucher. Les pigments très fins se prêtent particulièrement bien à la pratique de l'aérographe. Une dilution préalable est toutefois nécessaire pour l'utiliser à l'aéro.

2.1.3 Tamiya
La célèbre marque de maquettes et modèles réduits radio-commandés produit sa propre peinture acrylique. C'est une peinture au pouvoir couvrant relativement bon, mais très fragile. Elle est très facile à peindre à l'aérographe, mais demande beaucoup de soin quant à son application au pinceau.

2.1.4 Gunze-Sangyô
Autre grande marque de peinture acrylique, Gunze a des spécificités assez différentes de Tamiya. Possédant un excellent pouvoir couvrant, c'est une peinture qui s'étale très facilement au pinceau, lorsqu'elle est correctement diluée. Sa grande particularité est qu'elle s'étale " toute seule " en séchant, créant une pellicule élastique sur le modèle, ce qui en fait une peinture relativement solide. Son application à l'aérographe est cependant relativement mal aisée, il faut trouver les bonnes proportions pour obtenir une belle peinture, contrairement à la Tamiya. La distribution de la peinture Gunze est malheureusement très aléatoire sur le territoire français, aussi il ne faudra pas s'attendre à la trouver partout…

2.2 L'enamel

La Humbrol est, certainement la marque la plus facile à trouver sur le territoire français (magasins de jouets, magasins de modélisme). On peut également trouver de la Revell, qui a les mêmes propriétés que la Humbrol (Note : ce sont exactement les mêmes peintures semble-t-il…). On trouve environ 140 références de couleurs, plus 70 chez Revell, contre 80 chez Tamiya, et 140 chez Gunze-Sangyô. Ce qui est intéressant dans la Humbrol, c'est le fait de trouver trois sortes de finis (mat, satin, brillant). Un des gros défauts de cette peinture, est le fond de pot, une fois ouvert, il ne faut pas attendre 6 mois, car si il en reste un fond, la peinture à tendance à mal vieillir.
Le travail au pinceau est assez facile, car cette peinture à un très bon pouvoir couvrant. En ce qui concerne l'application à l'aérographe, on passe dans le domaine du casse tête, car certaines teintes sont plus épaisses, donc besoin de plus de dilution. Pour la dilution on évolue cela dépend de l'effet souhaité.

2.3 L'huile

Bien plus souvent utilisée pour les Garage Kits que pour les maquettes plastiques, la peinture à l'huile est un medium assez particulier. Ses pigments sont très fins, et elle a un temps de séchage très long. On obtient un rendu de très bonne qualité avec les peintures à l'huile, ce qui lui vaut d'être prisée par les amateurs de garage kits et par les fanatiques des effets sur les maquettes.
Il est possible de la diluer au white spirit ou à l'essence de térébenthine. Attention cependant, ce sont des produits relativement toxiques et il convient de peindre dans une pièce parfaitement ventilée.
Contrairement aux acryliques et aux enamels précédemment décrits, la peinture à l'huile se présente en tube, et suivant des teintes relativement basiques. Il sera nécessaire de faire des mélanges, contrairement aux autres peintures qui existent la plupart du temps dans des teintes plutôt bien adaptées au maquettisme.

2.4 Peinture mate, peinture brillante

Suivant le rendu que l'on désire, on peut utiliser des peintures mates, brillantes ou satinées. Une peinture brillante donnera l'impression d'un appareil flambant neuf ou bien entretenu, une peinture mate donnera au contraire un aspect plutôt vieilli. Il est également possible de combiner les textures mates et brillantes sur les modèles, pour donner l'impression d'un changement de matière sur la surface.


3. PREPARATION

Avant toute chose, il est nécessaire de s'assurer que le modèle est exempt de toute poussière, et parfaitement lisse, sans quoi la peinture ferait ressortir ces défauts. Il convient donc de nettoyer les parties à peindre et d'éviter de les manipuler directement.

3.1 Sous-couche d'apprêt

Afin de bien préparer les pièces à la peinture, il est nécessaire d'appliquer une couche d'apprêt. C'est une peinture spéciale, blanche, noire ou grise, que l'on applique à la bombe, et qui permet de détecter les défauts des pièces, lignes de joint, crevasses etc. ainsi qu'à permettre à la peinture de mieux accrocher sur la pièce. Veillez bien cependant à n'appliquer qu'une fine couche d'apprêt ; sans quoi tous les creux initialement présents sur la maquette disparaîtront… Lorsque l'apprêt est sec, on distingue donc tous les défauts. Il suffit alors de poncer pour les éliminer, puis de repasser l'apprêt.
Une fois qu'on a une pièce sans défaut, on peut poncer légèrement la pièce en la passant au papier de verre très fin, pour obtenir un rendu très lisse, ou la laisser telle quelle pour un rendu plus " granuleux ".

3.2 Sous-couche de peinture classique

Autre possibilité plus économique utilisée par Zenkuro, utiliser directement de la peinture standard en tant que sous-couche. Je n'ai testé que la peinture acrylique Tamiya (aucune idée du rendu pour les autres peintures). Pour cela j'utilise soit du blanc mat soit un gris très clair (attention, ce dernier va obscurcir légèrement les couleurs claires, mais ce peut être un effet recherché).
L'avantage est essentiellement d'ordre économique, les bombes d'apprêt étant assez chères. Les inconvénients : si vous voulez nettoyer une pièce au diluant (pour refaire la peinture par exemple), la sous-couche partira avec, alors qu'une couche d'apprêt restera en place. D'autre part, peinture mate oblige (les finitions brillantes ne sont pas assez opaques pour faire office de sous-couche), le rendu est plus granuleux, il est donc nécessaire de poncer légèrement la sous-couche si vous désirez un effet lisse au final. Mais en dehors de ça, les sous-couches peinture font très bien leur office.


4. PEINTURE AU PINCEAU

La peinture au pinceau est certainement la plus difficile à maîtriser quand on peint des modèles entiers. Pourtant, c'est souvent au pinceau que l'on peint lorsqu'on commence à peindre ses modèles…
Le gros avantage de la peinture au pinceau est que l'investissement de départ est peu élevé. Cependant, avoir des pinceaux en bon état est essentiel pour obtenir une belle peinture, veillez donc à bien les entretenir.
Technique de base : la peinture doit être appliquée en couches fines. C'est loin d'être évident au pinceau, donc il est nécessaire de la diluer un peu pour faciliter l'application.

4.1 Ce que fait Jean-Philippe

Pour obtenir une belle peinture uniforme, il existe un moyen simple : peindre plusieurs couches successives, en peignant toujours dans le même sens et sans faire d'aller-retour pour chaque couche. A chaque nouvelle couche, on changera le sens de peinture. La seconde couche sera perpendiculaire à la première, la troisième sera en diagonale par rapport aux deux précédentes, et la quatrième sera perpendiculaire à la troisième. Cela garantit une peinture sans traces de pinceau et bien uniforme de façon quasi-systématique.

4.2 Ce que fait Bandzai

La première chose qu'on remarque quand on peint au pinceau c'est que la peinture (Citadel pour ma part) est vraiment concentrée , c'est à dire qu'il faut y aller mollo sur la quantité qu'on mets sur le pinceau (ceci vaut surtout pour les petites pièces). Perso j'utilise deux techniques, la première qui fonctionne vraiment bien pour les pièces de grande et moyenne taille c'est que je prends un pinceau plat et je trempe bien le pinceau et j'y vais à fond pour pouvoir recouvrir la pièce en une fois (comme cela sèche vite c'est plus facile ainsi) en faisant faire des cercles à mon pinceau. Pourquoi ? Cela permet de vraiment bien homogénéiser la peinture et on termine le coup du pinceau vers le l'extérieur de la pièce. Pour ce qui est des petites, mais vraiment petites pièces (style visage d'un Gundam) là je ne préconise qu'une petite trempette de rien du tout, imaginez que c'est comme si vous preniez avec une pipette juste la goutte nécessaire pour remplir un espace, à la limite on ne passe presque pas, on dépose.
Sinon un avantage non négligeable avec la peinture Citadel, le fait qu'elle sèche vite aide à faire du drybrushing, c'est à dire de la peinture à sec, c'est très utile quand par exemple on veut peindre une pièce sans boucher les interstices ou les reliefs internes et avec la Citadel ça marche super bien. La méthode est simple, on trempe dans la peinture son pinceau puis comme si on voulait le nettoyer on enlève la peinture juste en surface du pinceau, et là on applique sur la pièce, bien sûr pour une grande pièce la manœuvre est à refaire plusieurs fois et il faut être attentif à ce qui le tout reste homogène.
Une dernière chose, pour que vous ne jetiez pas à la poubelle en un coup votre stylo à encre de Chine (style Rotring), n'appliquez jamais ceux-ci sur la peinture avant bien 4h de séchage voir le lendemain, car la pointe s'obstruerait à cause de la peinture et l'acrylique a tendance à abîmer irrémédiablement le stylo.
J'ai récemment essayé de faire des motifs de camouflage (voir l'Aegis). Il ne faut pas en mettre beaucoup à chaque couche, sauf si l'on veut un effet de relief, mais même en évitant cela il semble que la Citadel soit trop concentrée et laisse des traces de reliefs. Remarquez que j'ai utilisé la méthode des caches pour les faire peut être qu'avec une autre méthode cela ne laisse pas d'effets ?!

4.3 Ce que fait Lulubiker

L'application de la Humbrol est assez facile grâce à son très bon pouvoir couvrant, une seule couche peut suffire pour avoir un bon résultat. La peinture s'étale vraiment bien et donne un bon résultat.
Une légère dilution n'est pas forcément superflue.

4.4 Ce que fait Nico

Personnellement je n'ai pas une très grande expérience de la peinture au pinceau, le croisement préconisé par JP est la technique utilisée le plus couramment même pour peindre des murs.
La préparation d'une peinture fluide ni trop dure ni trop liquide est primordiale. Faire des tests sur du papier. Si la peinture et trop dure des marques de pinceau se formeront et vous y laisserez des poils. Si elle est trop liquide, il y aura formation de petites bulles et vous ne pourrez pas facilement rattraper le coup.
Pour ma part j'utilise le pinceau pour tous les travaux qui ne peuvent être réalisés à l'aéro.


5. PEINTURE A LA BOMBE

Il est nettement plus pratique de peindre une surface uniforme à la bombe qu'au pinceau. C'est plus rapide, et on évite les traces. Cependant, il y a quelques écueils à éviter pour ne pas ruiner son travail.

5.1 Ce que fait Jean-Philippe

La peinture en bombe est par nature volatile. Il est donc nécessaire de bien protéger ce que l'on ne peint pas, et ce dans un rayon très large (ce n'est pas une blague, la peinture en bombe ça vole réellement partout).
Ensuite, il est nécessaire de ne pas peindre trop près de la pièce, sinon gare aux coulures. Une distance de 15-20 cm entre la bombe et la pièce me semble adéquate en général.
Pour éviter de faire des couches trop épaisses, il faut limiter le débit de peinture. Pour ce faire, on utilise une rondelle entre la buse et le corps de la bombe pour limiter la course de la buse lorsqu'on exerce une pression sur celle-ci. L'autre avantage de la rondelle est qu'on a un débit de peinture constant.
Enfin, veillez à commencer la projection de peinture bien avant la pièce et à le terminer bien après, en peignant toujours dans le même sens. Cela garantit l'uniformité de la peinture (pas de peinture plus épaisse sur les bords de la pièce).

5.2 Ce que fait Lulubiker

En ce qui me concerne, je n'utilise la bombe que pour la sous-couche (Graupner " haft-grund ", spécial peinture à l'enamel). Je passe une légère couche de mon apprêt, et ensuite je peins à l'aérographe.

5.3 Ce que fait Nico

Je pratique la bombe en sous couche ou pour peindre les surfaces blanches ou noires, même en weathering. J'utilise des bombes Citadel.
Première chose, choisissez une pièce bien aérée et qui ne craint pas la poussière. En effet, les bombes génèrent une quantité très importante de poussière, munissez vous également d'un masque pour vous protéger le visage.
Prenez la peine de bien secouer la bombe comme indiqué sur l'emballage sinon la peinture ne sera pas bien mélangée et vous risquez de pulvériser du solvant plus que de la peinture.
Attention au moment de peindre n'appuyez jamais à fond sur la soupape et ne prolongez jamais la pulvérisation sans quoi vous noierez votre pièce sous un flot de peinture.
Pratiquez par petites touches à 20 ou 30 cm de la pièce, laissez le brouillard de peinture se déposer sur la pièce. Laissez sécher quelques minutes puis reprenez le travail sous un angle différent afin d'obtenir une application uniforme.
Ne vous ratez pas, les peintures en bombe contiennent des solvants qui permettent à la peinture d'accrocher au support. Si vous avez fait un ratez la seule solution sera le ponçage ou le Décap'Four.


6. PEINTURE A L'AEROGRAPHE

La peinture à l'aérographe est l'enfance de l'art du maquettisme. Particulièrement utile lorsqu'on travaille à une échelle relativement réduite, cette technique permet un rendu exceptionnel de par la finesse des couches de peinture. Medium versatile par excellence, ses modes d'emploi sont nombreux.
On voit souvent que la peinture " doit avoir la consistance du lait " pour l'aérographie, mais comme c'est une notion assez obscure, nous allons vous détailler un peu le processus.

6.1 Considérations matérielles

Comme il existe plusieurs types d'aérographes et de sources d'air, attachons nous tout d'abord à décrire leur fonctionnement dans la pratique.

6.1.1 Les aérographes
- Simple action
L'aérographe simple action permet de contrôler le débit d'air, et par la même occasion la quantité de peinture projetée. Plus le débit d'air sera important, et plus la quantité de peinture projetée sera importante. En conséquence, il est possible de faire des traits plus ou moins fins avec peu d'effort.

- Double action
L'aérographe double action permet non seulement un contrôle du débit d'air, mais aussi du débit de peinture. En conséquence, malgré une prise en main légèrement plus longue que le simple action, il est possible d'obtenir des résultats plus précis. Mais pour appliquer une couche de peinture uniforme, l'emploi du double action est quasiment similaire à celui du simple action, il suffit de veiller à ne pas trop projeter de peinture à la fois. Si l'on projette peu de peinture avec beaucoup d'air, on obtiendra un effet de " voile " sur la pièce. Si à l'inverse on projette beaucoup de peinture avec peu d'air, on obtiendra un trait prononcé. Avec peu de peinture et peu d'air il est possible de faire des traits très fins, et beaucoup d'air avec une bonne quantité de peinture permet de couvrir de larges étendues.

6.1.2 Les sources d'air
- Bombe d'air
Source d'air basique par excellence, la bombe d'air impose des limitations au niveau du temps de peinture et de la pression d'air, qui chute rapidement.

- Compresseur à débit fixe
Le compresseur à débit fixe a un aspect pratique indéniable par rapport à la bombe d'air. On a un débit constant, et on peut faire de longues sessions de peinture sans se préoccuper des chutes de pression. Le débit d'air est alors contrôlé au moyen de la gâchette de l'aérographe, en appuyant plus ou moins fort dessus. Attention, la pression de fonctionnement pour un compresseur est de l'ordre de 2,5 à 3 bars.

- Compresseur à débit variable
Le compresseur à débit variable permet de mieux contrôler le débit d'air. Lorsqu'on actionne la gâchette de l'aérographe à fond, on n'aura pas de pression supérieure à celle indiquée par le manomètre, ce qui permet une plus grande précision du travail.

Pour plus d'information sur le matériel d'aérographie, reportez-vous au dossier Aérographe.


6.2 Pression et dilution

Il est bon de connaître les effets de la dilution et de la pression de fonctionnement sur votre travail.
En règle générale, on utilisera une pression relativement forte pour faire de gros traits ou pour couvrir de larges étendues de peinture. A l'inverse, une basse pression permettra de faire des traits plus fins, autorisant la peinture des détails ou la mise en place d'effets de peinture.
Lorsqu'on pulvérise de la peinture avec une forte pression, l'air qui sert de propulseur va " assécher " les gouttelettes de peinture, ce qui signifie que si la peinture est très diluée, on obtiendra un effet de " poussière " au lieu d'une couche de peinture du fait de l'évaporation du diluant. De la même manière, si l'on peint à une distance réduite avec une forte pression, l'accumulation de peinture sur la pièce va occasionner des coulures.
A contrario, lorsque l'on pulvérise la peinture à basse pression, si la peinture n'est pas assez diluée, on obtiendra un effet de " crachotement " plutôt désastreux pour la couche de peinture. Il faudra alors augmenter la pression pour obtenir un effet uniforme, et éloigner un peu l'aérographe de la pièce à peindre.


6.3 Ce que fait Jean-Philippe

Je n'utilise que de la peinture acrylique avec mon aérographe. D'une part parce que vu que la peinture est assez volatile lorsqu'on la projette, c'est un peu moins dangereux au niveau des vapeurs de diluant, et d'autre part parce que l'aérographe est beaucoup plus facile à nettoyer par la suite. Enfin, parce que c'est avec ce type de peinture que j'obtiens le rendu que je désire réellement (mais c'est une affaire de goût).
J'ai l'habitude de projeter de très fines couches de peinture avec mon aérographe, et à multiplier les couches, ce qui me permet de faire des effets pendant la peinture de base.
Pour ce faire, je dilue beaucoup ma peinture, entre 50 et 80 % de diluant au niveau des proportions suivant ce que je fais et la couleur que j'applique (les couleurs claires je les dilue moins par exemple). J'applique la peinture en de nombreuses couches, très fines, et ce à basse pression (entre 0.5 et 1 bar suivant la dilution, plus je dilue et plus je baisse la pression).

6.4 Ce que fait Zenkuro

Avant d'avoir un bon compresseur et un aéro double action, je ne diluais pas la peinture, essentiellement par flemme… mais aussi parce que possédant un compresseur à débit fixe, je ne pouvais pas travailler à basse pression comme Jipe. Cette méthode donne un rendu légèrement granuleux à l'œil, effet que j'aimais bien, car celà donne un rendu cinématographique, type grain de pellicule photo. Du fait que je ne diluais pas, en principe une seule couche de peinture suffisait, en plus de la sous-couche bien évidemment. Surtout il fallait prendre garde à ne pas noyer les pièces !
A présent que j'ai un bon matos, je dilue la peinture à environ 50-50 avec de l'alcool à bruler, le tout pulvérisé à une pression d'environ 1,2 bar. Le résultat est bien meilleur, plus lisse et plus fin. De plus la peinture sèche plus vite. Les avantages de la dillution sont indéniables !

6.5 Ce que fait Lulubiker

Au contraire de Jean-Philippe et Zenkuro, j'utilise les 2 types de peinture (90% enamel, 10% Acrylique). Un exemple : le Chrome Alclad II (qui est un lacquer) est une merveille, et donne un chrome unique, que Humbrol n'arrive pas à égaler.
Il est vrai que l'odeur de la Humbrol est assez dérangeante et le nettoyage peut devenir rapidement pénible, car le nettoyage se fait au white spirit (Produit relativement dangereux). Personnellement, pour le nettoyage, j'ai trouvé la solution en utilisant un bac à Ultrasons.
Pour diluer ma Humbrol, je n'utilise plus le white spirit, qui est gras et agressif sur les plastiques, mais le " Humbrol Enamel Thinner ", moins gras et moins " puant ".
Il est vrai que je n'ai pas une grande expérience avec l'aérographe (une dizaine de maquettes), mais plus je pratique et plus je travail en basse pression. Je passe plusieurs fines couches, car une grosse couche cache les détails de la maquette.

A titre d'information allez voir ici (http://gilles.galvao.free.fr/sondage/resultats-11-02.html ) pour avoir une idée des diluants utilisés pour beaucoup de peintures.

6.6 Ce que fait Nico

J'utilise de la Citadel avec mon aéro. C'est un mauvais choix et je vous conseille de ne pas m'imiter. Je passe d'ailleurs à la Tamiya et la Gunze qui sont deux marques de très grande qualité ; le jour et la nuit avec la Citadel. Un bémol cependant avec les couleurs métalliques Citadel qui passent très bien.
Comme l'a souligné Jean-Philippe, l'important est de bien préparer sa peinture pour ne pas être ennuyé pendant la session de peinture. La Citadel étant assez " spéciale ", je ne passe pas beaucoup de couche deux ou trois maximum. J'utilise de la peinture très diluée pour des effets de weathering. La plupart des maquettistes s'accordent pour dire que la consistance du lait est la meilleure. En fait c'est un peu à l'appréciation de chacun et il faut aussi prendre en considération son matériel (taille de la buse).
La Tamiya se nettoie très bien et le nuancier est pléthorique. Attention néanmoins à passer une couche de vernis, car cette peinture est réputée assez fragile aux chocs. Quant à la Gunze, il va être de plus en plus difficile de s'en procurer en France durant les prochains mois car le grossiste a officieusement laissé tomber cette activité.



CONCLUSION

Comme vous l'aurez remarqué, chaque personne a une manière différente d'aborder le problème de la peinture. Il n'existe pas de méthode universelle, juste des lignes directrices que l'on adapte suivant ses préférences ou ses besoins. L'essentiel est avant tout d'être satisfait de son travail et de se faire plaisir en le faisant. Ceci dit, nous vous souhaitons de prendre autant de plaisir à réaliser vos modèles que nous n'en prenons, et attendons vos réalisations avec impatience !


 

Article réalisé par Jean-Philippe
avec la participation de Band'zai, Lulubiker, Nico et Zenkuro